La lagune Ébrié a vibré ce samedi 31 janvier 2026 au rythme pur du reggae. L’AZK Live de Cocody-Blokhauss, épicentre de la culture rastafari en Côte d’Ivoire, a accueilli la prestigieuse cérémonie des Ivory Reggae Awards. Si la soirée a célébré les légendes locales, c’est l’onde de choc venue de Conakry qui a marqué les esprits : le sacre incontesté de Takana Zion comme le nouveau roi du reggae continental.

Le « Mashougui » sur le toit de l’Afrique
S’il y avait un moment de tension palpable dans l’assemblée, c’était bien l’annonce du prix du Meilleur Artiste Reggae Africain. Face à une concurrence féroce venue des quatre coins du continent, c’est le leader de la Black Mafia, Takana Zion, qui a raflé la mise.
Ce trophée n’est pas seulement une récompense pour l’année écoulée, c’est la consécration d’une carrière internationale sans faute. En s’imposant sur la terre de ses pairs ivoiriens, Takana Zion confirme qu’il est l’héritier légitime des grands noms du genre. Son message, porté par une puissance vocale hors norme et un engagement panafricain indéfectible, a su séduire à la fois le public (50% du vote) et le jury d’experts présidé par David Tayorault. Pour la Guinée, c’est une immense fierté de voir son ambassadeur culturel trôner au sommet de l’Olympe du reggae africain.
Alpha Blondy : Le Jaguar garde son trône
Malgré la poussée de la jeune garde, le patriarche Alpha Blondy a rappelé à tous pourquoi il demeure une icône planétaire. À domicile, le « Jaguar » a réalisé une razzia mémorable. En plus d’être sacré Meilleur artiste reggae masculin de l’année, il a remporté le prix du Meilleur clip reggae avec l’esthétique et puissant Cold Fire.
Le point d’orgue de la soirée fut l’attribution du Prix Suprême – Ivory Reggae Award. Un hommage vibrant à l’ensemble de son œuvre, saluant sa contribution monumentale au rayonnement de la musique africaine à travers le monde. La rencontre symbolique entre le sacre de Takana Zion et le couronnement d’Alpha Blondy dessine une passation de flambeau naturelle entre deux générations de géants.
La transparence au cœur de l’événement
Pour cette édition 2026, les organisateurs n’ont rien laissé au hasard. Afin de garantir une équité totale, le mécanisme de désignation a reposé sur une double évaluation rigoureuse. Le vote du public, ouvert en ligne du 5 au 26 janvier, a permis de mesurer la ferveur populaire, tandis qu’un jury de cinq experts reconnus a apporté une analyse technique profonde. Cette rigueur confère aux Ivory Reggae Awards une aura de « Grammys du Reggae » en Afrique de l’Ouest.
Un palmarès qui récompense l’excellence
La soirée a également mis en lumière d’autres talents exceptionnels de la scène ivoirienne :
- Naftaly Soldat de Jah a frappé un grand coup en remportant le Meilleur album (Lève-toi et marche) et la Meilleure chanson (Gouvernants riches), un titre qui résonne fort dans le contexte social actuel.
- Black Mojah a été désigné Révélation de l’année, promettant un futur radieux au genre.
- Kajeem, véritable bête de scène, a logiquement remporté le prix de la Meilleure performance live.
L’industrie médiatique n’a pas été oubliée avec le prix de la Meilleure émission radio attribué à Reggae Sound System sur Fréquence 2, soulignant l’importance des relais médiatiques dans la survie du mouvement. Enfin, le duo AZK Live et AZK Productions a dominé les catégories d’espace de diffusion et de promotion, prouvant que le reggae est aussi une affaire d’entrepreneuriat solide.
Un message d’unité panafricaine
Au-delà des trophées, cette nuit à Cocody-Blokhauss a été une célébration de l’unité. Voir un Guinéen comme Takana Zion être célébré avec tant de ferveur à Abidjan prouve que la musique reste le pont le plus solide entre nos nations. Le reggae, musique de lutte et d’espoir, sort grandi de cette édition 2026.